Publier une image sur une plateforme extérieure, c’est souvent céder, sans s’en douter, une partie de ses droits à l’opérateur. La plupart des utilisateurs ne lisent jamais les conditions générales d’utilisation, pourtant elles ouvrent parfois la porte à la revente ou à l’exploitation commerciale des contenus déposés, votre photo, mais aussi vos données, vos commentaires. Derrière l’interface lisse et rassurante, les CGU font office de contrat invisible, rarement consulté, jamais négocié.
Beaucoup d’hébergeurs multiplient les niveaux de sous-traitance ou déplacent régulièrement leur siège social d’un pays à l’autre. Impossible, dans ces conditions, de suivre précisément le chemin de vos données. Demander la suppression d’un contenu devient alors un parcours à obstacles, sans garantie d’obtenir gain de cause, même en cas de requête formelle. Une fois postée, votre image peut circuler, se dupliquer, s’archiver, hors de votre contrôle.
Ce que révèle la publication d’une photo de votre chat : enjeux, risques et questions à se poser
Poster une photo de chat sur internet ou sur un réseau social n’a rien d’anodin. Au-delà du partage mignon, chaque cliché peut devenir une source d’informations précises. Pour les chats de race, la photo trahit parfois le type, la couleur, voire la morphologie précise de l’animal. Il n’est pas rare que ces indices suffisent à retracer la lignée, et parfois à identifier l’éleveur à partir de l’affixe qui s’affiche sur le pedigree officiel du LOOF.
Publier l’image d’un chaton, surtout dans le cadre d’une annonce de vente, nécessite de se plier à la réglementation. Il faut indiquer l’identification, la race, le numéro de pedigree ou de portée, et le standard de race. Faire l’impasse sur ces mentions expose à des sanctions. Et pour les races de chats, chaque détail du cliché peut être scruté, notamment par un juge lors d’une exposition féline où les certificats d’aptitude ouvrent la voie aux titres de champion. Si l’animal présente un défaut ou un vice rédhibitoire, ce point doit être connu de l’acheteur. La stérilisation est imposée avant toute cession pour un animal réformé.
Publier une photo, c’est donc parfois dévoiler des informations sensibles : l’origine, la conformité au standard de race, ou même la valeur commerciale de l’animal. Certains s’en servent pour duper des acheteurs, usurper une lignée ou utiliser l’image pour tromper sur une portée. Avant toute publication, interrogez-vous : le chat est-il inscrit au LOOF ? L’affixe apparaît-il ? L’image respecte-t-elle le standard de race ? Autant de vérifications qui évitent bien des mauvaises surprises… et la récupération de votre contenu à d’autres fins.
Les données personnelles en jeu : comment protéger votre vie privée (et celle de votre animal) avant de poster
Derrière le partage d’un minois félin sur un réseau social ou une annonce, bien plus d’informations circulent qu’il n’y paraît. Numéro I-CAD, affixe de l’éleveur, certificat vétérinaire, numéro SIREN ou SIRET pour les pros : ces données personnelles deviennent accessibles à quiconque navigue sur la page. Les dérives existent : usurpation d’identité, collecte sauvage d’informations ou réutilisation frauduleuse dans de fausses annonces.
La diffusion d’une annonce de vente exige de respecter les obligations légales : identification, race, référence LOOF, certificat vétérinaire, certificat d’engagement et de connaissance. Le certificat vétérinaire, délivré par un vétérinaire sanitaire, contient des précisions sur l’état de santé de l’animal, des éléments confidentiels, qui ne devraient pas finir en accès libre.
Avant de publier, il est nécessaire de contrôler ce qui apparaît sur la photo ou dans le texte. Un simple numéro peut suffire à retrouver le propriétaire dans le registre d’entrée et de sortie tenu par l’éleveur, ou sur la base I-CAD. La protection de la vie privée de l’animal, ce n’est pas du folklore : identité, santé, origine sont consignées dans le registre sanitaire, accessible uniquement à l’éleveur et aux autorités.
Pour limiter l’exposition de ces informations, voici quelques précautions à adopter :
- Masquez les numéros d’identification visibles sur les clichés.
- Ne diffusez pas le certificat vétérinaire en totalité.
- Préférez des renseignements généraux, sans données nominatives ni informations sensibles.
La loi encadre strictement la vente de chatons : chaque publication engage la responsabilité du propriétaire, mais aussi celle de l’éleveur dès lors qu’elle contient des informations personnelles ou réglementaires. Laisser filer ces données, c’est parfois ouvrir la porte à des risques inattendus, pour soi, et pour son compagnon à moustaches. Le web n’oublie jamais vraiment ; mieux vaut y réfléchir à deux fois avant d’appuyer sur « publier ».


