Les mystères fascinants des chats polydactyles et leurs origines

Oubliez la norme : certains chats n’entrent dans aucune case, et c’est tant mieux. Les polydactyles, ces félins aux pattes “hors quota”, prouvent que la génétique aime parfois jouer les iconoclastes. Leur particularité, héritée d’une mutation transmise de génération en génération, a traversé les océans, nourri les croyances, inspiré les légendes. Derrière ces pattes hors du commun, des histoires, des mythes, et une adaptation qui fascine autant les amoureux de chats que les chercheurs. Explorer la polydactylie, c’est ouvrir une porte sur la diversité insoupçonnée du monde félin.

Les origines de la polydactylie chez les chats

La polydactylie ne date pas d’hier. Cette particularité trouve son origine dans une mutation génétique simple mais efficace : un seul allèle dominant suffit pour que le chat arbore des doigts en plus. Fréquemment, ce sont les pattes avant qui s’ornent de ces appendices supplémentaires, mais parfois, les pattes arrière se joignent à la danse.

L’Histoire accorde aux chats polydactyles une place à part. En Europe, ces animaux étaient entourés de suspicion, parfois accusés de complicité occulte. À l’inverse, sur les bateaux, ils étaient perçus comme de véritables talismans. Marins et capitaines les embarquaient volontiers, persuadés qu’une patte “bien garnie” assurait la stabilité sur le pont et attirait la chance pour le voyage. Ce mélange de crainte et de fascination a permis à la polydactylie de se répandre bien au-delà des frontières.

Ces chats n’ont pas eu à attendre la modernité pour être appréciés. Leur capacité à saisir des objets, leur démarche singulière, leur look atypique : tout concourt à en faire des compagnons recherchés. On les retrouve aujourd’hui autant dans les foyers que dans les récits de passionnés, preuve que la différence peut aussi devenir un atout.

Les caractéristiques uniques des chats polydactyles

Il suffit d’observer attentivement les pattes d’un polydactyle pour mesurer ce qui les distingue. Les pattes avant peuvent compter jusqu’à huit doigts ; les arrière, généralement quatre, mais parfois davantage. Cette configuration, loin de n’être qu’un détail, influence la manière de se mouvoir, et de s’imposer. On remarque vite la préhension étonnante dont ces chats font preuve, capables de manipuler de petits objets avec une agilité déroutante.

Le cas du chat Jake est parlant : inscrit au Guinness World Records avec ses 28 doigts, il incarne la diversité extrême que peut prendre ce trait. Et l’on sait désormais que ce n’est ni une anomalie ni une faiblesse : la santé et le bien-être de ces animaux ne sont pas remis en cause par cette singularité. Ils mènent la même vie active et équilibrée que n’importe quel autre chat.

Dans la nature, la polydactylie surgit parfois de façon sporadique, mais certaines races se démarquent. Le Maine Coon, par exemple, ou le Pixie-Bob, peuvent présenter assez fréquemment ce caractère. Ces races, reconnues et appréciées par des organismes comme le LOOF, la TICA, la CFA et l’ACFA, voient même certains éleveurs rechercher ce petit “plus” pour le charme qu’il apporte.

La culture populaire n’est pas en reste. Ernest Hemingway, écrivain mythique et amateur de chats polydactyles, a contribué à la renommée de ces animaux. Sa maison de Key West abrite encore aujourd’hui leurs descendants. Les mythes persistent, mais la réalité est simple : ces chats demandent le même soin que les autres. La polydactylie, contrairement à certaines anomalies génétiques humaines (syndrome d’Ellis van Creveld, hypoplasie radiale), ne cause généralement aucune gêne à l’animal. L’essentiel : surveiller leurs pattes, couper régulièrement les griffes, et leur offrir l’affection qu’ils méritent.

La répartition géographique et les races concernées

Impossible de limiter la polydactylie à une région ou une race : ce caractère génétique s’est répandu avec les hommes. Certaines zones, toutefois, se démarquent. En Nouvelle-Angleterre et dans le Sud-Ouest de l’Angleterre, on recense plus fréquemment ces chats aux pattes “multiples”. Ce n’est pas un hasard : les marins de ces régions cherchaient des chasseurs hors pair pour débarrasser les bateaux des nuisibles. Les polydactyles, avec leur dextérité, étaient privilégiés.

Deux races illustrent parfaitement ce phénomène : le Maine Coon et le Pixie-Bob. Le premier, originaire d’Amérique du Nord, est reconnu par les principales fédérations félines, qui acceptent la polydactylie comme une variante conforme au standard. Le second, plus discret, jouit aussi de cette particularité, notamment dans les registres de la TICA. En savoir plus sur le Maine Coon

La transmission de ce trait s’explique par la simplicité de la mutation : un seul allèle dominant, et le caractère s’exprime. Les mutations génétiques chez les chats sont nombreuses, mais celle-ci frappe par son aspect immédiatement visible et sa propagation rapide dans certaines lignées.

Les superstitions et croyances n’ont cessé d’accompagner ces chats. Craints en Europe, célébrés ailleurs, ils ont su traverser le temps. Désormais, ils ne sont plus l’objet de légendes, mais le compagnon apprécié de nombreux foyers, là où leur singularité est reconnue et valorisée.

chats polydactyles

Mythes, réalités et soins des chats polydactyles

Autour des chats polydactyles, le folklore a longtemps fleuri. Les pouvoirs magiques qu’on leur a prêtés n’ont plus cours, mais la fascination reste intacte. Hemingway, encore lui, en a fait les mascottes de sa demeure, transformée en musée vivant où les descendants de ses compagnons à six doigts déambulent sous le regard des visiteurs.

Côté santé, il est utile de distinguer la polydactylie pure d’autres anomalies plus complexes. Le syndrome d’Ellis van Creveld, par exemple, combine parfois doigts supplémentaires et troubles cardiaques ; l’hypoplasie radiale implique une malformation osseuse avec parfois des doigts en excès. Chez le chat polydactyle “classique”, ces complications sont quasi inexistantes.

Les soins restent ceux de tout chat domestique, avec un point d’attention : surveiller les griffes des doigts surnuméraires, qui s’usent parfois moins bien et peuvent gêner la marche si elles poussent trop. Un contrôle régulier évite tout désagrément. Pour garantir leur bien-être, il est également recommandé de veiller à la propreté entre chaque doigt, afin de prévenir toute infection.

Leur singularité fait d’eux des compagnons à part, mais leur quotidien ressemble à celui de n’importe quel chat : jeux, siestes, instants de complicité. Aujourd’hui, ils incarnent la diversité et la surprise que réserve la nature. Leur histoire, loin d’être terminée, continue de s’écrire, patte après patte, dans les foyers et les mémoires.

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